No. 70/2    juin 2017

 

Benjamin Bernheim

Par Claudio Poloni

Benjamin Bernheim, © Aymeric Giraudel

© Aymeric Giraudel

 

La carrière de Benjamin Bernheim est sur le point de prendre son envol. Né en 1985 à Paris, le ténor étudie d'abord le violon et le piano à Genève. Après une formation de commerce, il retourne à Paris prendre des cours de chant. En 2003, il revient en Suisse où il intègre le Conservatoire de Lausanne puis le Choeur de l'Opéra de Lausanne. En 2008, il reçoit une bourse de la Fondation Leenards et fait ses débuts dans de petits rôles au Théâtre Municipal, avant de partir pour Zurich. En mars de cette année, le public lausannois l'a retrouvé en Laërte ('Hamlet' d'Ambroise Thomas), un rôle court mais qu'il illumine de son timbre solaire. Il aurait même dû ouvrir la saison 2017-2018 de l'Opéra de Lausanne avec Edgardo de Lucia di Lammermoor, mais un conflit de dates a finalement provoqué l'annulation de sa participation. Il ne reste plus qu'à espérer que les mélomanes lausannois ne devront pas trop attendre pour l'entendre à nouveau!

 

RMSR: Benjamin Bernheim, votre carrière semble décoller depuis deux ou trois ans maintenant?
Benjamin Bernheim. Au cours de la saison 2015-2016, j'ai eu en effet la chance de débuter dans de grandes maisons: à Dresde sous la baguette de Christian Thielemann, à l'Opéra de Paris, au Festival de Pâques de Salzbourg et aussi à la Scala, dans le rôle du chanteur italien du Rosenkavalier. Ce fut un début assez énorme, car j'ai mis mes pieds dans de très grandes chaussures: le stress a été immense! Cette année, je n'ai chanté que des reprises; mais la saison prochaine sera pour moi la première comportant des rôles de tout premier plan: La Traviata à Berlin, La Bohème à Paris et à Londres, L'Elixir d'Amour à Vienne et Faust à Chicago. Je me rends compte que le chemin parcouru est énorme: il y a encore deux ou trois ans, je n'aurais jamais imaginé que le Met de New York, Covent Garden ou l'Opéra de Paris viendraient vers moi... Tout est arrivé très vite.

En 2008, lorsque vous avez reçu une bourse de la Fondation Leenards, vous avez quitté Lausanne pour Zurich. Comment se sont déroulées vos années sur les bords de la Limmat?
J'ai d'abord passé une saison à l'Opéra Studio, puis je suis resté quatre ans dans la troupe de l'Opernhaus: deux sous la direction d'Alexander Pereira, et deux sous la direction d'Andreas Homoki. J'ai maintenant un nouveau statut à Zurich, où je suis chanteur en résidence.

Qu'avez-vous appris durant ces années de troupe?
Les deux premières années m'ont appris... la frustration et l'attente! J'étais prêt à entreprendre beaucoup de choses, que je n'ai finalement pas pu réaliser. J'aurais pu interpréter Lenski ou Tamino par exemple. Les années zurichoises de Pereira ont été celles du star system: au-dessus de moi, il y avait des ténors tels que Piotr Beczala ou Jonas Kaufmann; si j'avais voulu chanter des rôles de premier plan, je n'aurais eu aucune chance, j'ai donc eu droit aux seconds rôles. Les stars ont quitté Zurich avec l'arrivée d'Andreas Homoki. J'ai alors eu plus de chance, ne serait-ce que pour chanter Cassio (Otello) ou Narraboth (Salomé)...

 

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RMSR juin 2017

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