No. 70/1    mars 2017

 

Kaija Saariaho

Par Vincent Giroud

Kaija Saariaho

© Priska Ketterer

 

Après la Russe Sofia Gubaïdoulina (*1931), la Finlandaise Kaija Saariaho (*1952) est probablement la plus connue des femmes compositrices actuelles. Invitée vedette du festival Archipel, elle y sera jouée trois fois (les 25, 26 et 31 mars 2017), et parrainera également l'académie de composition proposée pour la première fois par la manifestation genevoise, qui compte aujourd'hui parmi les références de la création contemporaine. (réd.)

 

Heureuse Kaija Saariaho, en cette année qui marque son soixante-cinquième anniversaire! En l'espace de quelques semaines, son opéra L'Amour de loin a reçu sa création new-yorkaise tandis qu'à Paris, sa ville d'adoption depuis 1982, elle se voyait honorée par Radio France dont le festival Présences 2017 vient de présenter un portrait de la compositeure finlandaise. Ce ne sont pas moins de 26 de ses oeuvres qu'on a pu entendre du 10 au 19 février dans le magnifique auditorium, récemment restauré, et les studios de la Maison de la Radio, réparties sur 18 concerts et entourées de compositions de 43 autres musiciens vivants ou récemment disparus originaires du monde entier: de Jardin secretI (1984) pour bande électro-acoustique et Lichtbogen (1986), sa première commande de l'Etat français, pour ensemble instrumental et électronique, témoignages des années passées par Saariaho à l'IRCAM, à Light Still and Moving (2017), pour flûte et kantele (instrument à cordes traditionnel finlandais), dont la création mondiale a eu lieu le 18 février. Au concert d'ouverture, donné par l'Orchestre Philharmonique de Radio France dirigé par le talentueux chef russe Dima Slobodeniouk, figuraient Graal théâtre (1995), concerto pour violon écrit pour Gidon Kremer et dont le titre rend hommage au poète Jacques Roubaud, et les poignants Adriana Songs (2006), extraits du deuxième opéra de Saariaho, Adriana Mater, créé en 2006 à l'Opéra-Bastille sur un livret d'Amin Maalouf. Parmi ses autres oeuvres notables entendues au festival Présences, le quatuor à cordes Nymphéa (Jardin Secret III), dont le Kronos Quartet avait donné la première audition en 1987; Près (1992), pour violoncelle et électronique; Orion (2003), symphonie en trois mouvements, commande de l'Orchestre de Cleveland; Maan varjot (2014), pour orgue et orchestre, dont le titre («Ombres de la terre») est emprunté à Shelley; les cycles de mélodies Quatre instants (2003), écrit pour Karita Mattila (mais donné ici en création mondiale dans sa version orchestrale), et True Fire (2015) pour baryton et orchestre, sur des textes d'Emerson et des poèmes de Seamus Heaney et Mahmoud Darwish; le concerto pour harpe intitulé Trans, créé au Japon en 2016; le trio à cordes Cloud Trio (2010), exécuté au dernier concert. Ces brèves indications suffisent à montrer que la renommée de Saariaho est aujourd'hui universelle et que son activité créatrice est à son zénith; qu'elle est une authentique cosmopolite, au sens le plus élevé du mot, sans pour autant répudier ses racines culturelles; et aussi à quel point son oeuvre se nourrit de références littéraires et artistiques...

 

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RMSR mars 2017

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